Je prends le saladier, la balance, les ingrédients.
Il enfonce son bonnet sur sa tête, il prend ses bâtons et descend du télésiège.
Je casse les œufs sur le bord du récipient en séparant les blancs des jaunes, ces derniers vont s'écraser dans le fond.
Il savoure le crissement de ses skis atterrissant sur la neige.
J'ajoute le sucre, le beurre, la cannelle, je monte les blancs en neige.
Il descend la piste à toute vitesse.
Le bruit du mixeur m'emplit les oreilles.
Il entend un grondement sourd au loin, n'y prête pas attention.
J'arrête le mixeur et je verse la farine, préalablement mêlée à la levure, en pluie fine sur la pâte.
L'avalanche s'abat sur lui par surprise.
Je verse le chocolat fondu, qui donne à la pâte sa jolie couleur foncée, et je mêle délicatement les blancs à l'alléchante préparation.
Il est maintenant prisonnier de ce manteau immaculé qui le recouvre complètement.
Je mets le gâteau au four, je veille à ce qu'il ne déborde pas du plat.
Il tente de s'échapper par tous les moyens, il veut crier mais ne peut pas, il essaie de creuser, il prie.
La délicieuse odeur me chatouille les narines.
Il sent ses forces l'abandonner, il suffoque.
C'est cuit, je m'offre un morceau tout chaud.
L'étau glacé se referme sur lui.
lundi 17 mars 2008
Poudres
Vu(es) d'ici
Chaque matin, je respire un grand coup d'air québécois en posant le pied sur l’escalier. Je me remplis les yeux, les oreilles et le ventre. J’éprouve des sensations nouvelles, je respire des odeurs différentes, je me plonge dans des ambiances surprenantes.
Partout de la neige, de la neige, de la neige : poudreuse et moelleuse, verglacée et craquelée, fondante et mouillante. Les textures et les saveurs se mêlent dans la rue, dans le four et dans mon estomac.
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